NELSON MANDELA

Conforme au principe du général Mac Mahon
(j'y suis, j'y reste), la minorité
blanche d'Afrique du Sud – Au m :oment où les nations occidentales décolonisaient -,
avait décidé de s'accrocher à la terre africaine, fût-ce au prix de toutes les
injustices. L’occupation européenne de ce pays remonte au 21 avril 1652. Peu après
le naufrage d’un équipage hollandais sur les cotes sud-africaines, l’explorateur Jean Van Riebeek fut envoyé au Cap, par la compagnie hollandaise des Indes orientales, pour y construire une escale sur la route des Indes et de l’Insulinde, pays riches en épices et où fonctionnait déjà un réseau d’établissements commerciaux. La compagnie des Indes orientales finira par autoriser ses anciens marins hollandais et allemands - devenus citoyens libres -, de s’y installer. Certains d’entre eux seront commerçants ou aubergistes dans les villes tandis que d'autres exploitaient les fermes de l'intérieur du pays. Ils seront rejoints par d’autres immigrant, protestants des pays bas, qui allaient s’installer à leur tour comme paysans (Boers). Ces nouveaux venus vont s’appuyer sur une interprétation arbitraire de la bible allemande pour se considérer comme les élus de dieu et dominer les peuples de couleur, ennemis naturels par la race et par la religion. Vu le faible nombre de femmes blanches parmi eux, ils entretiendront néanmoins, des relations avec des femmes d’ethnies locales, ce qui va engendrer une population métissée
(
bastards, griquas, coloured). Ils classeront ces métis dans la catégorie
des « races inférieures » mais, supérieurs aux Noirs. Les Blancs
occuperont progressivement tous les postes importants de la vie économique et
politique. Ils mettront en place un système ségrégationniste, le
trekking,
qui allait transformer la population noire en un réservoir de serfs
agricoles ou domestiques. Ainsi, les «non-blancs» étaient exclus des
affaires de leur propre pays et relégués au statut de sous citoyens.
Au XIX ème siècle, sous le protectorat britannique, après avoir réglé
le «problème Boers», les Anglais vont également initier un système
ségrégationniste qualifié de
«politique indigène», pour confisquer tous les pouvoirs au profit des Blancs et spolier la majorité noire de ses droits. Ce dispositif se traduisit sur le terrain par la concentration de centaines de milliers de Noirs dans des réserves policées et transformées en immenses réservoirs de main-d’œuvre bon marché pour alimenter les fermes et les mines du pays. L'Afrique du Sud était divisée en «zone blanche» et «réserves» (homelands), où vivaient les Noirs en exilés de l'intérieur. Les Anglais finiront par quitter officiellement le pays mais l'Union Sud-Africaine restera dans la grande communauté économique britannique. Après le départ des Anglais, non sans avoir cédé le pouvoir à la minorité blanche, celle-ci devait promulguer une loi injuste appelée le
Native Land Act. Dans ce pays qui comptait 10 millions de Noirs, 1,5
million Métis et seulement 3 millions de Blancs, cette loi attribuait 87 % des
terres aux Blancs et seulement 13 % aux Noirs. Des milliers de Noirs propriétaires
depuis des générations, allaient ainsi être expropriés de force. Une des conséquences
immédiates fut l'éclatement des anciennes communautés rurales et la ruine d'une grande
partie de la paysannerie noire sud-africaine, exposant des milliers de familles aux
épidémies et à la famine. Le système que le pouvoir afrikaner mettait en place, était
une ségrégation raciale totale sous le nom de :
Apartheid (développement séparé). Les
lois de ce système injuste transformaient chaque Noir en un vulgaire pass (laissez-passer),
sur lequel étaient consignés nom, sexe, date, lieu de naissance et appartenance tribale.
C’est en fonction de ces critères que les autorités décidaient arbitrairement du lieu de travail et de résidence des Noirs. Cette société fonctionnait avec d'une part et au sommet les Blancs et d'autre part, les Noirs et colored (Mulâtres, Indiens ou Métis), tous séparés par des barrières invisibles mais réelles. Le régime ira jusqu'à interdire la transfusion du sang d'un Noir à un Blanc. Singulière ironie de l’histoire, l’Afrique Du Sud raciste a été fondée par les descendants, entre autres, des protestants victimes des oppressions religieuses et nationales de l’Europe du XVIIème siècle, notamment les expulsés de France après la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV en 1685. Ils seront les oppresseurs religieux et raciaux des Africains. Chose non moins curieuse, l’allié le plus sûr et le plus fidèle de ce seul Etat au monde à avoir osé inscrire le racisme dans sa constitution, sera Israël, un pays symbole d’un peuple victime de la folie raciale des hommes. Dans les années trente, un mouvement fasciste (l'O.B), verra le jour dans ce pays et comptera jusqu'à 300 mille membres. Ces extrémistes Afrikaners véhiculeront les thèses racistes du national socialisme allemand. Au déclenchement du second conflit mondial, ils militeront activement pour empêcher l'engagement de leur pays aux côtés des alliés. Ensuite, ils mèneront d'efficaces actions de sabotage en détruisant des voies ferrées et des ponts pour gêner l'effort de guerre du pays. Jusqu'à la fin de l'Apartheid, subsisteront des mouvements néo-nazis dirigés par des racistes purs et durs à l'image de Eugène Terre Blanche. En Afrique du Sud, les Blancs évoluaient dans des zones économiquement développées avec un niveau de vie proche de celui des Européens dans des demeures luxueuses aux limites desquelles, étaient parqués d'immenses réservoirs de main-d’œuvre noire dans des cités dortoirs déprimées, insalubres et misérables. Ces ghettos étaient cependant considérés comme un moindre mal car, il arrivait que les autorités classifient une catégorie de la population noire de :
«oisifs», «indésirables» ou «unités improductives.»Dans ces cas-là, les malheureux étaient tout simplement arrachés à leurs foyers, embarqués comme du bétail dans des camions pour être abandonnés dans des camps de transplantation où la misère et les maladies faisaient des ravages. Beaucoup d'entre eux ne survivront pas à ces conditions de vie. La politique de développement séparée transformait l'Afrique du Sud en immense camp de concentration pour les Noirs avec des secteurs Zoulou, Bantou, Xhosa etc. A Pretoria, à Durban et au Cap, des milliers de Noirs défileront pour dénoncer le système. Les autorités répliqueront par des milliers d’arrestations, d’assassinats politiques et par la torture. Parallèlement aux courageuses luttes de la population noire, des organisations politisées et très structurées combattaient l'apartheid, comme le
Congrès métis, le Congrès des syndicats sud-africains, le
P.A.C, le Congrès des
démocrates et l'A.N.C. Fondé en 1912, L'African National Congrès (A.N.C), est l’un
des principaux mouvements politiques qui combattaient « pour l'égalité des droits
entre tous les citoyens de l'Afrique du Sud ». Cette organisation qui se défendait
de toute motivation raciale, avait clairement exprimé ces principes dans la charte
suivante :
L'Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, aux Blancs comme
aux Noirs, et aucun gouvernement n'est justifié à prétendre exercer le pouvoir s'il
ne le tient de la volonté de tous. Notre peuple a été privé, par une forme de gouvernement fondée sur l'injustice et l'inégalité, de son droit naturel à la terre, à la liberté et à la paix ; Notre pays ne sera jamais ni prospère ni libre tant que tous nos peuples ne vivront pas dans la fraternité, ne jouiront pas de droits égaux, et que les mêmes possibilités ne leur seront pas données ; seul un Etat démocratique fondé sur la volonté de tous peut assurer à tous, sans distinction de race, de couleur, de sexe ou de croyance, les droits qui leur reviennent de par leur naissance. C'est pourquoi nous, peuples de l'Afrique du Sud, Blancs aussi bien que Noirs, réunis comme des égaux, des compatriotes et des frères, adoptons cette Charte de la liberté. Et nous nous engageons à lutter ensemble, en ne ménageant ni notre énergie ni notre courage, jusqu'à ce que nous
ayons obtenu le changement démocratique inscrit dans cette Charte.
Au début, conformes aux principes énoncés dans cette charte, les militants de l’ANC mèneront des luttes pacifiques pour dénoncer l’injustice du régime. Mais face aux violences policières de plus en plus meurtrières, comme une riposte graduée, l’ANC durcira progressivement sa stratégie par des actions de sabotage sans atteinte aux vies humaines. Dans les années 50, les jeunes du mouvement prendront le relais à l'image de Oliver Tambo, Walter Sizulu et un brillant avocat :
Nelson Mandela. Très Grand, d’allure athlétique, Mandela est un prince de l'ethnie des Xhosas, fraction méridionale des Bantous. Ce peuple d'agriculteurs et de pasteurs habite le Transkei, une région située à 900 km de Johannesburg. Les Xhosas n'en sont pas moins des guerriers. Entre 1770 et 1853, ils livreront une dizaine de batailles contre les Boers avant d'être vaincus et spoliés de la majeure partie de leurs terres. Né le 18 juillet 1918, l'enfant
Mandela fut d'abord baptisé Rolihlahlah, ce qui signifie en langue xhosa, « celui qui crée des problèmes », mais une autre traduction dit : «tirer la branche de l'arbre.» Un nom bien porté car, directement ou indirectement, Mandela sera celui qui va durement secouer l'arbre de l'Apartheid jusqu'à précipiter sa chute. Les Anglais considérant comme sauvage le fait de porter un prénom africain, les instituteurs donnaient systématiquement un prénom anglais aux jeunes élèves. C'est ainsi que, « l'homme qui crée des problèmes » deviendra Nelson, un prénom tout aussi porteur quand on sait que le combattant xhosa pour la liberté, infligera un Trafalgar politique aux Afrikaners quelques décennies plus tard. Mandela était un grand idéaliste. Et comme beaucoup d’intellectuels africains progressistes de sa génération, il était convaincu que les tribunaux sont les seuls endroits où tous les citoyens, quelles que soient leurs origines, peuvent s'exprimer librement et être jugés en toute impartialité. C’est ainsi qu’il décidera d'épouser une carrière d'avocat. Mais les nombreux procès aux verdicts scandaleusement défavorables aux Noirs lui feront vite réaliser que la justice en Afrique du Sud était un instrument au service du pouvoir raciste et ségrégationniste pour maintenir sa position privilégiée dans une société fonctionnant à deux vitesses. Sa désillusion en était d'autant plus grande que le prince xhosa a toujours considéré le système parlementaire et judiciaire britannique comme un exemple de démocratie parfaite. Pourtant, le régime politique barbare auquel était soumis son peuple, avait bel et bien été enfanté par ce système. Le Mahatma Gandhi, un autre grand combattant contre l’injustice, avait déjà fait ce constat. C’est en Afrique Du Sud, au début du XXème siècle que le Leader indien avait commencé son combat contre la ségrégation raciale dont étaient également victimes ses compatriotes. Comme Gandhi,
Mandela s'engagera activement dans la lutte contre l’injustice du système. Au sein de l'A.N.C, il soutiendra la vague de manifestations contre le pass en 1960. Des milliers de Noirs vont se donner rendez-vous devant les commissariats aux quatre coins du pays pour exiger leur arrestation. Dans le township de Langa aux environs du Cap, 30 mille Noirs sud-africains défieront les forces de police. Prises de vitesse et sans moyens, ces dernières étaient dans l’incapacité de les arrêter tous. La marrée humaine sera encore plus importante à Sharpeville - à une cinquantaine de kilomètres du Cap -, où des policiers paniqués ouvriront le feu. Le bilan sera de 69 morts abattus dans le dos et de 400 blessés en majorité des femmes et des enfants. Il faut dire que les pays africains dans leur immense majorité, ont accédé à l'indépendance au début des années 60. Le Ghana libéré avec à sa tête le grand nationaliste africain Kwamé NKrumah ennemi juré de l'Apartheid, inquiétait les autorités de Pretoria. Aussi, ces dernières ont accusé les manifestants contre le pass, d’avoir été manipulés par les Etats africains voisins, dans une action révolutionnaire qui visait à déposer le régime. La réaction du pouvoir de Pretoria par le massacre de Sharpeville, n’en soulèvera pas moins, une vague de protestations internationale et montrera le visage barbare de ce régime. Les autorités sud-africaines décideront, en plus, de faire arrêter la plupart des leaders anti-apartheid dont
Mandela.
Emprisonné et humilié, le prince xhosa comparaîtra devant le tribunal de Pretoria pour haute trahison. Mais la cour dans ses conclusions reconnaîtra que la Charte de l'ANC n'était pas un appel à la haine. Le tribunal n'était pas, non plus, en mesure de prouver la volonté des accusés d'avoir voulu remplacer le gouvernement sud-africain par un pouvoir communiste. Par conséquent, les accusés étaient déclarés non-coupables et acquittés. Lucide,
Mandela comprendra que ce salut était le résultat de la supériorité de la défense et non de l'impartialité des juges et les forces de répression ne le laisseraient pas dormir sans réaction. Dès lors, il décidera d'entrer dans la clandestinité, ce qui allait bouleverser totalement sa vie familiale car son épouse Winnie et ses enfants ne le reverront plus pendant très longtemps. La vie en cavale exige des dispositions psychologiques particulières. C’est une situation dans laquelle le fugitif doit se méfier de tout et d’être prêt à tomber dans les filets de la police à tout moment. Mais comme en Afrique du Sud, aux yeux des Blancs, tout Noir est par définition un suspect et un illégal, cela ne posait pas de problèmes particuliers à Mandela. Recherché par toutes les polices du pays, le combattant xhosa deviendra un homme de la nuit. Il coupera tout lien avec sa famille parcourant le pays dans divers déguisements : Jardinier, ouvrier agricole ou chauffeur de maître. Ce dernier déguisement lui permettra de circuler plus facilement pour rendre visite aux ouvriers du sucre dans le Natal, aux musulmans du Cap et aux travailleurs noirs de Port Elisabeth. Le leader de la lutte anti-apartheid continuera également à assister aux réunions clandestines de l'A.N.C. Après l’indépendance de leurs pays, la plupart des dirigeants africains progressistes avaient pris conscience de la nécessité d'aider les mouvements de libération d'Afrique du Sud. Le P.A.C et l'A.N.C reçurent plusieurs invitations de la part du Mouvement Panafricain de Libération de l'Afrique Orientale, Centrale et Australie
(
PAFMECSA), l'organisme ancêtre de l'
O.U.A (Organisation de l'Unité
Africaine). L'A.N.C désignera
Mandela pour le représenter et s'assurer du
soutien financier, politique et logistique des Etats africains dans la lutte
anti-apartheid. Le leader xhosa notera plus tard qu'à l'occasion de cette sortie
d'Afrique du Sud, il avait découvert ce qu'est vraiment vivre libre. En Tanzanie,
au Ghana et en Ethiopie,
MandelaMandela avait vécu dans des Etats indépendants
dirigés par des hommes d'Etat noirs, des armées commandées par des généraux noirs.
Dans cette ambiance, lui le fugitif africain n'avait plus peur car sa couleur passait
inaperçue.
Mandela s'exprimera à la tribune de l'organisation panafricaine dont il
réussira à convaincre les membres. Ces derniers qui considéraient l'A.N.C comme une
courroie de transmission du parti communiste sud-africain, ont fini par lui assurer
leur soutien financier et politique en même temps que de la possibilité d'entraîner
militairement les volontaires de l'A.N.C dans des camps africains. Le régime sud-africain
informé de cet événement sera d'autant plus inquiet que peu de temps après, le chef respecté de l'A.N.C, Albert John Luthuli, recevra le prix Nobel de la paix ce qui rendra plus populaire la lutte anti-apartheid hors des frontières du pays. Après son retour d'Ethiopie où il avait subi un entraînement militaire
Mandela très poussé, Mandela décidera en accord avec la direction de l'A.N.C, l'intensification des actions de sabotage mais, toujours sans attenter aux vies humaines. La phase de la guérilla n’était envisagée qu'en cas d'échec de cette stratégie. Cependant, devant l’arbitraire et les violences du régime, les Noirs avaient déjà pris les armes sans attendre les mots d'ordre de l'A.N.C. Le leader xhosa pensait qu'il valait mieux guider cette violence en la canalisant dans une action politique rationnelle. Comme la plupart des
MandelaNoirs sud-africains, Mandela avait également compris que la lutte non-violente avait atteint ses limites et il l'exprimera dans cette maxime africaine : SEBATANA HA SE BOKWE (on ne peut détourner l'attaque d'une bête
Mandelasauvage les mains nues). Et Mandela citant le général prussien Carl Von Clausewitz, rappellera aux dirigeants de l'A.N.C que la guerre est la continuation de la diplomatie par d'autres moyens. Au terme d'une réunion houleuse où il eut beaucoup de mal à convaincre les principaux dirigeants sud-africains des organisations qui luttaient contre le régime, il finit par obtenir l'autorisation de créer une organisation militaire séparée de l'A.N.C.
L'organisation politique quant à elle, resterait fidèle à sa stratégie de non-violence
pour ne pas donner au régime un prétexte facile. Ainsi est né le
UMKHOTO WE SIZWE
(la lance de la nation), en abrégé :
MK. Toujours fidèle aux principes de la
charte de l’ANC, Mandela décidera de dépasser les barrières raciales.
Dans l’organisation militaire MK, il va enrôler des combattants blancs venus
du parti communiste et du congrès des démocrates comme Arthur Golderich, juif
et ancien combattant de Palmach, la branche armée du mouvement national juif
de Palestine. Les quatre objectifs fixés à cette organisation militaire seront
le sabotage, les actions de guérilla, le terrorisme et la révolution ouverte.
La principale cible étant l'Etat et ses intérêts. Peu de temps après cela,
les 17 mois de cavale du leader africain allaient prendre fin lorsque, en
compagnie de Cécil Williams, il fut arrêté par la police sur la route de
Johannesburg le 5 août 1962, on ne devait le revoir qu'après 27 années de
détention. La lutte ne s'arrêta pas pour autant. Winnie son épouse, Myriam Makéba,
beaucoup d'autres femmes, des jeunes de Soweto et des militants de toutes
tendances politiques continueront dans le pays comme à l'extérieur, un
combat courageux jusqu'à la victoire. Le régime utilisera ses sinistres
Escadrons Z - un réseau international de tueurs -, pour assassiner des
militants anti-apartheid comme Steve Biko - à l'intérieur du pays - et
la représentante de l'A.N.C en France, Dulcie September, abattue en plein
Paris. Les Métis ou «Afrikaners bruns», ou encore colored, ne seront pas
épargnés par les humiliations et les injustices du régime. Ceci leur fera
rejeter la proposition du gouvernement d'entrer dans un «parlement métis»
en 1984. Dans leur immense majorité, ces citoyens que le système voulait
utiliser pour mieux diviser la société sud-africaine rejoindront la lutte
des Noirs. Egalement dans cet univers d'oppression pure et dure, une raison
pour ne jamais désespérer de l'humanité a été que beaucoup de Blancs - femmes,
hommes et jeunes étudiants - défieront le régime en dénonçant ses injustices.
Au même titre que les Noirs, ils subiront les violentes charges policières
avec matraquages, gaz lacrymogène, arrestations et emprisonnements.
La plupart d'entre eux seront bannis par le régime, exilés ou liquidés. Les
plus engagés rejoindront les rangs de l'A.N.C pour combattre aux côtés de
leurs compatriotes noirs et chanteront souvent avec eux :
Nkosi Sikelei
Africa (Dieu sauve l'Afrique), qui deviendra l'hymne national de l'Afrique
du Sud débarrassée de l'
Apartheid et dont le premier président noir sera
Nelson Mandela.
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