Culture et Histoire



L'EMPIRE D'EL HADJ OMAR

Omar Saïdou Tall alias El Hadj Omar fut une des grandes figures du XIXè Sciècle africain. Fils de Sayidou Tall il naquit en 1797 à Aloar près de Podor dans le Fouta Toro (dans l'actuel Sénégal). Il appartenait par sa famille à ces Torobé Toucouleurs qui, peu d'années auparavant avaient renversé au nom de l'islam, la dynastie peulh païenne des Denianké. >

A vingt trois ans, il fit le pèlerinage à la Mecque et revint au Soudan non seulement avec le titre d'El hadj mais aussi avec le mandat de chef de la confrérie Tidiane pour le Soudan. >

Le souverain du Bornou et l'Emir de Sokoto, le comblent à son retour de dons, cadeaux et de faveurs. >

Sékou Amadou, le roi du Macina le reçoit plus froidement, bien qu'avec honneur ; El Hadj Oumar l'accusera plus tard d'avoir tenté de le faire assassiner après son départ. Tiéfolo le roi bamanan de Ségou, après, l'accusera lui aussi d'avoir tenté de l'assassiner. >

Nasira Kamori Keïta le Mansa de Kaaba réservera à l'illustre marabout un accueil des plus chaleureux en terre du Mandé. Avec l'appui de l'Almamy du Fouta Djalon, El hadj Oumar s'installe à Dinguiraye et y crée une communauté religieuse et militaire (Zaouïa) où de nombreux jeunes Toucouleurs viennent le rejoindre. Sa doctrine religieuse gagne très vite une grande popularité parmi les humbles. Le grand prestige de l'homme sera dû surtout à sa science islamique, sa foi religieuse ardente, sa réputation de prophète, mais également au caractère relativement démocratique de la secte qu'il dirigeait tous pouvaient y être admis ; le rang accordé à chacun dépendait de sa science ou de son courage, non de son origine sociale. Aussi, beaucoup d'opprimés tournent-ils vers lui leurs espoirs : anciens captifs, femmes, jeunes, opprimés par la société patriarcale et les chefs ''féodaux''.

- Lutte contre les Français

Parti de Denguiraye vers 1850, El Hadj Omar s'efforce de créer un grand empire unitaire musulman en Afrique occidentale. Il s'empare du Bambuk et du Kaarta puis se heurte au roi musulam du Khasso et aux chefs du Fouta Toro. Mais à Nioro, El Hadj Omar se tourne désormais vers l'Est. Il s'empara successivement de Nyamina, Sinsani, Ségou. Il détruit l'Etat bamanan de Ségou dont le dernier roi est mis à mort (1861). Poursuivant ses conquêtes vers l'Est et le Nord, il s'attaque au roi musulman du Macina, auquel il reproche de lui avoir refusé son aide lors du siège de Médine. Il s'empare de la capitale Hamdallaye en 1862 et lance une expédition sur Tombouctou.

Mais, El Hadj Omar ne réussit pas à briser la résistance des bamanan et des peuls : ses soldats presque tous Toucouleurs apparaissent comme des conquérants.

C'est en combattant les peulhs du Macina révoltés qu'El hadj Omar trouva la mort en 1864.

La persistance des haines ''tribales'', les querelles entre ses fils et ses lieutenants rendirent impossible la création d'un Etat stable.

Après la mort d'El hadj Omar en Février 1864, son fils Ahmadou lui succède. Il établit sa capitale à Ségou.

Ahmadou était intelligent et très cultivé comme son père ; son autorité religieuse était incontestable mais son autorité politique plus fragile. Son Empire qui était très vaste comprenait : Ségou, Dinguiraye confié à son frère Aguibou, Macina placé sous les ordres de son cousin Tidjani ; Kaarta où les forteresses de Nioro, KoniaKari, Djala étaient gardées par trois de ses frères.

Dans cet Etat, les Toucouleurs minoritaires formaient les cadres militaires et administratifs; ils étaient opposés aux peuples bamanan souvent animistes et aux Peulhs du Macina, musulmans, mais hostiles. A ces difficultés s'ajoutaient les rivalités familiales.

Ahmadou et les Français (1863-1890) :

Pour préparer la pénétration coloniale française au Soudan, Faidherbe avait essayé de traiter avec Ahmadou en lui envoyant la mission Mage-Quintin entre 1863 et 1864. En 1880 un traité est signé entre Ahmadou et Gallieni, accordant la liberté de commerce avec une position privilégiée pour la France.

Galliéni engageait la France à ne jamais conquérir un pays appartenant aux Toucouleurs. Mais ce traité ne sera pas reconnu par le gouvernement français qui le qualifiera de ''Chiffon'' de papier. Les Français, malgré le traité avec Ahmadou, coupaient son Etat en deux, en occupant Kita en 1881 et Bamako en 1883. Ils chassaient les Toucouleurs de Murgula.

Ahmadou qui ne réagit pas accepte même de signer de nouveaux traités avec la France pour faciliter l'élimination de son rival Mamadou Lamine, mais après la défaite de Mamadou Lamine, il protesta vivement contre les empiétements des Français : " Vous avez fait irruption dans mes Etats sans autorisation, sans droit aucun et au mépris des traités qui nous lient " écrivait-il aux Français. Alors ne se sentant plus en sécurité à Ségou, il quitte la ville qu'il laisse à son fils Madani, pour rejoindre Nioro où il oppose une réistance farouche aux troupes françaises. La supériorité de l'armement français poussa les Toucouleurs à utiliser la tactique des ''attaques surprises''. Ainsi Ahmadou attaqua Waliya et libéra des prisonniers toucouleurs sur le Haut - Sénégal.

Source : « MEMOIRE D’ERRANCE » par Tidiane N’Diaye



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