DIZZY GILLEPSIE

On pourait croire que deux personnages habitent dans le même homme : le trompettiste, formidable technicien, virtuose à l'admirable sonorité atteignant les sommets du suraigu, authentique révolutionnaire devenu avec Charlie Parker, l'un des principaux créateurs du style Be-Bop dans les années 50; et le showman farfelu (Dizzy), chanteur désopilant, remarquable « entertainer » à l'allure excentrique...Sans ligne de démarcation, Gillespie est tout cela à la fois, un et cependant multiple, dès le début de sa longue carrière. Instrumentiste il est, comme l'écrivait André Hodeir, devenu le 1er chef d'orchestre be-bop ( 1946 ). Il a introduit les rythmes afro-cubains dans le jazz comme par exemple dans Night in Tunisia, Groovin' High...Arrangeur, il a su avec Tad Dameron et Gill Fuller, insuffler une nouvelle agressivité/complexité sur les plans harmoniques et rythmique. Il a été également l'un des premiers a refuser le rôle de "L'Oncle Tom" attribué aux musiciens noirs de cette époque, et cependant, a contribué par le côté spectaculaire de son jeu, de son comportement à mieux faire admettre cette nouvelle musique qu'il avait fait découvrir, avec son big band, en France en 1948.

Le grand orchestre, John Birks Gillespie, en avait fait très tôt l'expérience et c'est avec celui de Hearl Hines (1942) qu'il rencontra Charlie Parker, avec lequel il se produisit par la suite dans les clubs de la 52ème Rue et enregistra quelques chefs-d'oeuvres en 1954. Son orchestre dissous en 1950, il jouera en petite formation et au sein du J.A.T.P, avant de parcourir le Moyen-Orient et l'Amérique du Sud en 1956, à la demande du département d'Etat, afin de faire connaître le jazz. Il sera "candidat" à la présidence des USA en 1963 et 1972, sans arrêter de souffler dans sa trompette jusqu'en 1996 , date de sa mort. Le jazz a là aussi a perdu l'une de ses plus grandes figures.
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