NON, DIEUDONNÉ NE NOUS REPRÉSENTE PAS
La communauté noire face à provoc
N° 413 Semaine du 19 mars 2005 au 25 mars 2005
Dieudonné a tenté d'instrumentaliser Aimé Césaire en recueillant l'imprimatur du chantre de la négritude. En vain. La vérité, c'est qu'il est lâché de toutes parts.
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Extrait (Auteur : Girard Patrick ) :
Les élucubrations de N'Diaye
" Ce que les rabbins israéliens ne me pardonnent pas, c'est d'avoir remis en cause les mythes fondateurs de l'identité et de la nation d'Israël " , en affirmant que Moïse -la révélation est de taille -, que Moïse donc serait en fait un métis afro-asiatique, le chancelier Beya, qui, vers 1186 avant J.-C, aurait conduit son peuple et ses partisans en Ethiopie. Ils se seraient mélangés à la tribu locale des Agaws, donnant naissance aux falashas, dont la négritude serait une insulte au racisme juif, l'un des pires qui soient.
Tout comme Dieudonné, Tidiane N'Diaye se place sous les auspices de Césaire, qu'il a rencontré lors d'un salon littéraire à Schoelcher (Martinique) en novembre 2004. Il présente même cette rencontre " comme une sorte de passation de flambeau, lorsqu'un des fils rencontre le père de la négritude " . Un bon fils car il s'en prend, dans ses interviews, aux mauvais fils, notamment Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, chantres de la créolité accusés d'être " des fils qui cherchent à tuer le père " . On commence par le parricide, on finira par le déicide.
Mais ces élucubrations nous donnent la clé de la face cachée de ces débats. La conception strictement communautariste d'un Dieudonné ou d'un Tidiane N'Diaye ne vise que très accessoirement les juifs, qui sont un prétexte plus qu'une cible. En fait, il s'agit de provoquer une radicalisation au sein d'une communauté noire en plein processus de structuration et de discréditer ceux pour qui le fait noir ne se limite pas " à se laisser enfermer dans la Tour substancialisée du passé " (Frantz Fanon). Ceux-là sont les premiers marris de voir le problème être relégué aux oubliettes par de fausses polémiques stériles qui focalisent abusivement l'attention des médias et empêchent qu'un vrai débat, dont la République ne peut faire l'économie, s'ouvre enfin.
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