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Vient de paraître, à la rentrée littéraire de spetembre 2010 aux Éditions Gallimard
Tidiane N’Diaye - Par delà les ténèbres blanches - Essai

Jusque vers la fin du XXème siècle, l’Afrique du Sud se singularisait par un impitoyable régime politique d’intolérance et d’exclusion.
La majorité noire était mise à l’écart et dépouillée de la totalité de ses droits. Les Blancs
(ou
Afrikaners), descendants d’immigrants européens,
généralement néerlandais ou français, y avaient toujours vécu leur particularité ethnique, comme celle d’une race à part et supérieure aux Noirs.
Le genre de comportement présent chez beaucoup de groupes humains, ethniquement constitués et tant soit peu conscients de leur singularité,
dans un monde qui bouge.
Devenu économiquement le groupe le plus puissant, ces
Afrikaners soumirent leurs compatriotes noirs,
à un système de ségrégation raciale dit de l’apartheid, et qui devait les plonger des décennies durant, dans les ténèbres de l’oppression et de l’humiliation.
Apartheid, ce mot afrikaans ou néerlandais, est emprunté au français. Il signifie : « Tenir à part » ou « développement séparé.» C’est en 1948, qu’une telle idéologie fascisante et basée sur la race, fut appliquée en programme de gouvernement, avec la venue au pouvoir du Parti National de Daniel François Malan. Ainsi pendant des décennies, ce régime médiéval et inique, niait toujours l’humanité de ses citoyens noirs. Surfant sur cette ligne ténue, qui sépare la raison de l’absurde, ces illuminés prétendaient encore au XXème siècle :
«
assurer la sécurité de la race blanche et de la civilisation chrétienne, par le maintien honnête des principes de l'apartheid.»

En fait leurs ancêtres ont longtemps soutenu, avoir été les premiers occupants de l’Afrique du Sud.
Ceci dans un siècle d’émigration et d’expansion coloniale, où de nombreux érudits européens (historiens ou autres), rejetaient les peuples
noirs hors de l’humanité. Le plus net d’entre eux, Hegel, prétendait même :
«
L’Afrique est « un monde anhistorique, non développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et
dont la place se trouve au seuil de l’histoire universelle.»
Dans cet esprit pendant des siècles, les immigrants européens ont monopolisé l’histoire à leur profit.
Pour avoir amené l’écriture en Afrique du Sud, ils affirmaient que son histoire n’avait commencé qu’à leur arrivée.
Alors que le peuplement de ce pays, qui s’est fait au cours d’un grand mouvement de migrations croisées, est particulièrement complexe.
Aussi, pour mieux appréhender cette problématique, cet ouvrage traite de la complexe histoire sud-africaine, entre migrations croisées, nazisme tropical et lutte pour l’égalité. Ceci en revenant sur les logiques antagonistes et le long processus de fusion, comme de fission culturelle et identitaire de ses multiples composantes ethniques. Car seul cet angle permet de comprendre, le sens de la lutte de Nelson Mandela qui - au-delà des positions extrêmes des uns et des autres -, pensait que l’Afrique du Sud ne devait, pour continuer d’exister, évoluer que vers une Nation arc-en-ciel. Ainsi, au moment où les leçons de l’histoire invitaient au catastrophisme, le combat de ce grand humanisme, déjoua tous les pronostics, en réussissant l’exploit, de permettre à des millions d’individus depuis toujours tiraillés par la haine, de se réconcilier, pour envisager un avenir commun dans le respect mutuel des valeurs des uns et des autres.
